Tête de Litote

07 mai 2016

couv8108904

 

 

Quatrième de couverture

« Le chant de Gil constitua immédiatement pour eux un grand mystère. »

L'été de ses dix-huit ans, un jeune pianiste reconnaît une chanson que diffuse un autoradio. Il se met à chanter. Une voix monte, des orages éclatent. Gil est le roman d'une mue, d'une métamorphose.

 

Mon avis

J'ai eu la chance de pouvoir découvrir Gil grâce à Livraddict et aux éditions Folio, et ce fut une délicieuse rencontre. J'ai mis du temps avant de savoir si j'avais aimé ou non ce roman, tant sa lecture m'a déconcertée au premier abord. Les chapitres sont courts, les phrases encore plus, les mots et les scènes qu'ils décrivent s'enchaînent rapidement et j'ai souvent eu l'impression de passer d'une chose à une autre sans avoir le temps de digérer la première. La plume de Célia Houdart est très jolie, presque enchanteresse, et elle réussit parfaitement à embarquer son lecteur dans son univers. J'ai passé un bon moment aux côtés de Gil, j'ai aimé le découvrir en même temps que lui-même, le voir apprivoiser son talent qui forgera sa personne et qui l'emmènera vers des horizons grandioses. J'ai été touchée par tous les personnages secondaires qui gravitent autour de Gil et qui donnent beaucoup d'âme au récit. Le roman tout entier est mélodieux, aussi bien dans son fond que dans sa forme, et c'est une belle plongée au cœur du monde de la musique et du chant que nous offre ici Célia Houdart. Gil est un roman initiatique tout en mouvement, parfois déconcertant, mais qui livre une jolie histoire d'épanouissement personnel par le biais de l'art.

Merci encore aux éditions Folio et à Livraddict pour cette envoûtante découverte !

Posté par CyrielF à 04:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


04 octobre 2014

American Gods

AmericanGods_France_Hardback_1258017106

  

Quatrième de couverture

À peine sorti de prison, Ombre apprend que sa femme et son meilleur ami viennent de mourir dans un accident de voiture et qu'ils étaient amants. Seul et désemparé, il accepte de travailler pour un mystérieux individu qui se fait appeler Voyageur. Entraîné dans une aventure où ceux qu'il rencontre semblent en savoir plus sur ses origines que lui-même, Ombre va découvrir que son rôle dans les desseins de l'énigmatique Voyageur est bien plus dangereux qu'il aurait pu l'imaginer. Car, alors que menace un orage d'apocalypse, se prépare une guerre sans merci entre les anciens dieux saxons des premiers migrants, passés à la postérité sous les traits des super-héros de comics, et les nouveaux dieux barbares de la technologie et du consumérisme qui prospèrent aujourd'hui en Amérique...
Mon avis
Comme pour beaucoup d'amateurs de littérature de l'imaginaire, le nom de Neil Gaiman était loin de m'être inconnu, mais je n'avais encore jamais lu un de ses romans. J'avais déjà  vu certaines des adaptations cinématographiques de ses oeuvres, comme Coraline ou Stardust et, bien que très différents, ces univers m'avaient beaucoup plu. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers un de ses plus grands romans, American Gods, pour découvrir sa fameuse plume. S'attaquer à un monument comme American Gods n'est pas chose aisée, mais je suis rentrée très rapidement dans l'univers présenté et dans l'histoire. Tout au long des quelques 700 pages, on suit la drôle d'aventure d'Ombre, personnage énigmatique qui vient tout juste de sortir de prison et qui apprend le décès soudain de sa femme et de son meilleur ami qui entretenaient une liaison. Alors que son monde s'écroule, un étrange individu du nom de Voyageur lui propose de se rallier à son groupe dans une mission tout aussi mystérieuse. Ombre découvrira bien assez vite qu'une immense guerre se prépare entre les dieux antiques et les nouveaux dieux de l'Amérique que sont les nouvelles technologies, et qu'il va devoir choisir son camp.
À travers le long périple d'Ombre et de ses comparses, Neil Gaiman nous propose dans American Gods une gigantesque réflexion métaphorique sur ce que sont aujourd'hui les États-Unis. Ici, personnages mythologiques et folkloriques nous emmènent à la découverte d'une Amérique comme on ne l'a jamais vue, sur un large spectre géographique mais aussi philosophique. L'analyse et la réflexion de l'auteur sur ce pays qui s'est imposé en grande puissance mondiale au fil des années est très intéressante et nous pousse à remettre beaucoup de choses en perspective. J'ai beaucoup apprécié le fait que cette épopée fantastique oppose personnages mythiques et nouvelles technologies : cela nous apporte une vision originale d'un sujet qui a finalement été maintes et maintes fois exploité. La plume de Gaiman est très agréable à lire, on tourne les pages sans s'en rendre compte et on n'arrive plus à décrocher, malgré quelques petites longueurs vers le milieu du roman. Il faut toutefois être, selon moi, dans un certain état d'esprit pour s'attaquer à la lecture de ce roman. L'enchaînement d'événements et la multitude de personnages (certains d'entre eux portent même plusieurs noms différents) peut être parfois difficile à suivre et à digérer. En parlant de personnages, j'ai trouvé qu'ils étaient particulièrement bien travaillés et approfondis. Inscrire des personnages mythologiques dans un univers contemporain n'est pas toujours chose aisée, mais Gaiman a réussi à le faire avec brio. Ici, il fait descendre les dieux antiques de leurs piédestaux et nous les présente comme des êtres parfois grossiers et pleins de vices. Je regrette par contre de ne pas avoir lu ce roman en VO, car la traduction des noms nous fait perdre quelques jeux de mots et allusions intéressantes.
En bref, American Gods est un monument de la littérature fantastique américaine que je recommande chaudement à tous les amateurs du genre, et à ceux qui s'interrogent sur l'héritage culturel et socio-économique de grandes puissances telles que les Etats-Unis.

 

Posté par CyrielF à 05:55 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 juin 2014

M. Pénombre, libraire ouvert jour et nuit

livre-10

 

Quatrième de couverture

Quand Clay Jannon est embauché dans la librairie de l'étrange M. Pénombre, il découvre un lieu aussi insolite que son propriétaire, et fréquenté par les membres d'un drôle de club de lecture. Ceux-ci débarquent toujours en pleine nuit pour emprunter l'un des très poussiéreux volumes relégués au fond de la boutique. Volumes que M. Pénombre a formellement interdit à son nouvel employé de consulter. Clay finit pourtant par succomber à sa curiosité et découvre que ces livres sont tous écrits en code. Quelle obscure révélation renferment-ils ? Cédant à l'appel du mystère, Clay s'attaque à "l'énigme du Fondateur" avec l'aide de son colocataire, de son meilleur ami et de son amoureuse, ingénieure prodige chez Google.
Les quatre amis se lancent alors dans une quête qui les mènera bien au-delà des murs de la petite librairie. De San Fransisco à New York, ils se trouveront aux prises avec une société occulte d'érudits légèrement allumés, un codex indéchiffrable, un génial typographe du XVe siècle et, qui sait, le secret de l'immortalité...

Mon avis

Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Michel Lafon et Livraddict pour m'avoir permis de découvrir ce roman qui me faisait très envie depuis sa sortie ! Je dois avouer que la couverture et le titre ont suffi à retenir mon attention, et qu'en postulant pour ce partenariat, je n'avais même pas lu la quatrième de couverture en détail... Quelques semaines plus tard, me voilà prête à pousser les portes de cette mystérieuse librairie et d'aller à la rencontre de l'énigmatique M. Pénombre, et le moins que je puisse dire, c'est que cette découverte m'a grandement ravie ! On part donc à la découverte de Clay, jeune diplômé qui se retrouve au chômage et qui postule par hasard pour un emploi de nuit chez M. Pénombre. Sa curiosité étant mise à l'épreuve par les drôles d'habitués nocturnes de la librairie, il se retrouve embarqué dans une quête mystérieuse en compagnie de ses amis les plus proches, où entrent en collision technologie et tradition. J'ai beaucoup aimé ce parallèle et cette rencontre entre les deux univers qui soulève évidemment beaucoup de problématiques et de questions, très bien menées par l'auteur. Le début du roman peut paraître un peu long, l'histoire prend du temps à se mettre en place mais cela ne m'a pas dérangée outre mesure puisque dès les premières pages j'ai été happée par le récit. Si les tribulations des protagonistes et l'évolution de leur quête ne présentent pas beaucoup de renversements de situation surprenants, on se prend rapidement au jeu et on assiste avec grand plaisir à la reconstitution du puzzle avec les héros. En ce qui concerne les personnages, j'avoue avoir eu un peu de difficulté à m'y attacher. Ils ont tous des caractères très différents, ce qui les rend évidemment intéressants, mais je les ai trouvés un peu stéréotypés et pas assez approfondis. Par contre, j'ai beaucoup aimé le personnage de M. Pénombre, très mystérieux et passionnant. J'ai bien accroché à la plume de l'auteur, qui réussit à nous faire voguer entre plusieurs univers avec brio et qui opère un savant mélange générationnel qui nous accroche jusqu'à la dernière page. Le style de narration est également très plaisant, même s'il arrive que l'on se perde quelques fois parmi les pensées et les hésitations de Clay, mais le fait de suivre toutes les étapes de la quête en étant à l'intérieur de la tête du personnage contribue à faire en sorte de nous donner envie d'avoir le fin mot de l'histoire. En parlant de fin, j'ai lu dans plusieurs avis de bloggeurs qu'elle avait été un peu décevante, mais personnellement je l'ai bien appréciée. Certes, elle peut avoir un goût de cliché à l'américaine, mais j'ai trouvé qu'elle concluait bien le tout et qu'elle faisait réfléchir le lecteur, entre autres sur les enjeux de la technologie et du savoir. En bref, j'ai été ravie de pouvoir découvrir ce roman que je n'ai pas été capable de lâcher !

Posté par CyrielF à 07:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 mars 2014

La Symphonie des Siècles, tome 1 : Rhapsody, première partie

Symphonie-des-siècle-1-rhapsody1

 

 

Quatrième de couverture

Tandis qu'elle enfile les rues d'Easton à toute allure pour fuir les hommes de Michael, un ancien amant devenu baron de la pègre locale, Rhapsody butte sur deux étranges personnages, qui l'aideront à régler son problème de façon... définitive. Ce qu'elle ignore, c'est qu'Achmed le Serpent et Grunthor, le géant Firbolg, sont eux-mêmes confrontés à une situation autrement périlleuse. Aussi, lorsqu'ils l'entraînent dans un voyage au coeur de la Terre le long des racines de Sagia, l'Arbre-Monde, Rhapsody se demande si elle n'a pas fait preuve d'un excès de confiance...

 

Mon avis

La plupart d"entre vous le savent, je suis loin d'être une adepte de la fantasy. J'en lisais beaucoup étant jeune, mais je crois avoir fait une overdose, et depuis j'ai découvert des univers qui me correspondaient mieux. Cependant, j'ai décidé cette année d'élargir mes horizons littéraires et de renouer avec les littératures de l'imaginaire. Du coup, je me base beaucoup sur les suggestions qu'on peut me faire par-ci, par-là (d'ailleurs, vu mes critères de sélection, je tiens à saluer la patience de mes amis qui persévèrent à me trouver des livres qui pourraient me plaire^^), et je me suis donc lancée dans la lecture de la saga La Symphonie des Siècles. Comme à chaque fois que je lis de la fantasy "pure", j'ai mis un certain temps à visualiser les endroits et les personnages, mais j'ai tout de même fini par rapidement être embarquée dans l'univers. J'ai eu un peu de mal avec la chronologie au début, et l'intrigue principale met un peu de temps avant d'arriver, mais j'ai été charmée par les personnages. Enfin, presque... Si j'ai beaucoup aimé les deux personnages masculins, auxquels je reviendrai un peu plus tard, j'ai eu plus de mal avec l'héroïne. Alors certes, je suis assez exigeante avec les personnages féminins, mais tout de même. Rhapsody, de prime abord, m'a plue, avec son air de jeune fille rebelle et rêveuse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui n'hésite pas à combattre ceux qui lui causent du tord. J'étais donc plutôt enthousiaste de suivre les aventures de cette héroïne, mais les choses se sont vite gâtées dans la deuxième partie du roman. On découvre finalement une Rhapsody pleurnicheuse et un peu niaise, un peu naïve aussi, et j'ai donc été un peu déçue de ne pas retrouver le personnage auquel je m'attendais au départ. Bon, après, c'est une elfe, hein...^^ Ses compagnons de route, par contre, m'ont beaucoup plu. Bien que ce duo particulier présente quelques stéréotypes, le gros méchant sombre et sans émotions et le géant un peu plus tendre et plein d'humour, je me suis beaucoup attachée aux personnages et j'ai aimé leur évolution. Concernant l'intrigue en tant que telle, elle m'a plue aussi, elle est relativement bien ficelée, et les mystères posés dès le départ m'ont beaucoup intriguée, d'autant plus qu'on n'y revient pas (encore) dans le reste du roman. J'ai trouvé qu'il y avait quelques petites longueurs par moments, mais qui ne sont finalement pas si dérangeantes que ça. Le découpage (la VF coupe les tomes originaux en deux) laisse une fin qui donne très envie de lire la suite des aventures de nos trois amis. Pour finir, j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, l'humour présent tout au long du roman est excellent, bref, pari réussi avec ce premier tome, en espérant que la suite soit aussi bonne :D

 

1386401538

laplume2014

Posté par CyrielF à 14:07 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 mars 2014

Paper Towns

PaperTowns2009_6A

 

 

Quatrième de couverture

Quentin Jacobsen a passé toute sa vie à aimer la magnifique et aventureuse Margo Roth Spiegelman à distance. Le jour où elle ouvre sa fenêtre et grimpe dans sa vie, habillée comme un ninja et l'invitant dans une ingénieuse quête de revanche, il suit. Après cette nuit blanche, un nouveau jour commence et Quentin découvre en arrivant à l'école que Margo qui avait toujours été une énigme est maintenant devenu un mystère. Mais il apprend bientôt qu'elle a laissé des indices, et qu'ils sont pour lui. Le chemin pour la retrouver est loin d'être tout tracé, et plus il avance, moins il reconnait la fille qu'il croyait connaître.

 

Mon avis

Après mon relatif échec avec Nos étoiles contraires, que j'ai beaucoup moins aimé que tout le monde, j'ai voulu retenter l'expérience John Green avec un roman peut-être un peu moins médiatisé. Et l'expérience s'est révélée, cette fois, vraiment réussie ! Sous ses allures de roman jeunesse à l'histoire peu élaborée qui apparaît comme un énième cliché, Paper Towns (VO de La Face cachée de Margo) s'avère contenir plusieurs messages de fond beaucoup plus intéressants. Les personnages sont assez stéréotypés, mais sont tous attachants à leur façon : d'un côté, on a Margo, la jolie fille du lycée, qui suscite la fascination, la crainte et l'admiration, et de l'autre côté on trouve Quentin, son total antagoniste. Ces deux-là se connaissent depuis leur enfance et étaient très proches, avant que leurs chemins ne se séparent en grandissant. Une nuit, Margo va embarquer Quentin dans une folle aventure visant à se venger de certains de ses "amis", et elle disparaît le lendemain. Quentin se lance à sa recherche, tentant d'élucider le mystère des indices laissés par Margo derrière elle... Je ne m'attarderai pas trop sur l'histoire, car cela n'a pas été, pour moi, le plus important et le plus marquant dans ce roman. Ce qui m'a particulièrement enthousiasmée dans Paper Towns, ce sont toutes les questions et les réflexions que pose John Green en fond de cette aventure. La question de l'identité y est très forte, à travers l'image des villes et des personnes "de papier", que critique Margo et qui représentent ces carapaces vides, où tout n'est qu'apparence et conformisme, et dont elle veut se tirer. J'ai beaucoup aimé les références en tout genre que Green a parsemées tout au long du roman, et j'ai particulièrement apprécié le ton employé et l'humour, bien que parfois un peu facile, dont font preuve les personnages. Une autre chose qui m'a agréablement surprise dans ce roman est la façon dont il se termine. Je n'en dirai pas plus, pour ne pas spoiler, mais c'est ce qui a fini de me faire adorer ce roman ! Bref, Paper Towns a été une très belle découverte à tous les niveaux, à lire de préférence en VO 

 

gtrzh

photo_real

tg1g

Posté par CyrielF à 11:07 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,