Le coq et la fleur de lys
Une nouvelle semaine qui commence avec ce petit texte de juillet 2010 ;)
Bonne lecture !
Bleu comme l'océan, immense frontière entre mon passé et mon présent
Blanc comme les anges qui guident chacun de mes pas
Rouge comme le sang que j'ai du verser avant d'être libérée
Pays béni que j'ai voulu quitter, tu m'as pourtant tant apporté
Une vie, un amour, une destinée que j'ai pris dans mes bras
Pour les emmener dans le pays blanc avec moi
Je n'ai pourtant qu'une hâte, celle de te retrouver
Pour un temps me laisse porter par ta douce chaleur accueillante
T'embrasser dans ta brume maternelle teintée de mille couleurs
Remonter le temps l'espace d'un été, entourée des gardiens de mon cœur
Ceux qui m'ont donné la vie et qui ne cessent de l'alimenter
Ceux sans qui je ne pourrais plus avancer, indispensable soutien
Dans leurs bras j'irai me ressourcer, dans ma France qui m'a tant manqué
Bleu et blanc, patrie d'adoption où je me sens si bien
J'y ajoute du rouge et je retrouve mon foyer chaleureux
Portant ses couleurs avec fierté, entre deux nations je suis partagée
D'un océan à l'autre, je me souviens des valeurs qu'elle m'a enseignées
Liberté, égalité, fraternité, je ne vous ai pas oubliées.
Le prix de la Beauté se compte en calories - Partie 3
Aujourd'hui, pas de critique de livre, d'une part parce que je n'ai pas eu le temps d'en terminer un (vive le travail universitaire !), et d'autre part parce que je voulais vous présenter la troisième version de ma nouvelle, celle de Naomi l'apprentie mannequin !
Bonne lecture !
Dior, Chanel, Yves Saint Laurent, Armani. Des grands noms plus ou moins familiers pour tout un chacun. Certains vendraient leurs parents – voire leur famille au complet – sur Ebay pour pouvoir ne serait-ce qu'espérer se payer un portefeuille griffé. D'autres se contentent d'admirer leurs oeuvres dans les magazines à un euro qu'ils lisent sur la plage. Et il y en a qui, comme moi, ne mettent pas le pied dehors, même pour sortir les poubelles, sans leur paires de Louboutin à bouts cirés. D'ailleurs, je ne sors pas les poubelles, on le fait à ma place. Il faut dire qu'avec un père diplômé d'HEC et une mère directrice de Elle France, on a les moyens de vivre dans une maison de la taille du Louvre. Et de porter du Dior.
Mes yeux divaguent entre mon dressing plein à craquer et mon étagère remplie de trophées. De mini-Miss Neuilly 1994 à Miss Paris 2008. Quatorze ans de concours de beauté, pas un seul que j'aie perdu. La Beauté. Une notion que j'ai depuis longtemps surpassée. Un mit auquel je ne connais pas d'antonyme. Une obligation qu'on m'a imposée à ma naissance. Et à laquelle je prend goût. Une amie, une idée familière, une compagne de route. Je ne sais pas ce que sont la laideur et le mauvais goût, on m'a appris à les avoir en horreur. Je méprise les friperies et les Monoprix, les joggings Décathlon et les boutiques chinoises qui osent mettre en vente des chaussures à dix euros.
Ma mère m'a appelée Naomi. Inutile de vous préciser de qui elle s'est inspirée, Mais comme mon homonyme, j'ai mon caractère. Les concours de beauté m'ont appris à me forger une personnalité, à montrer les dents et sortir les griffes pour passer au devant de la scène. Sois belle et tais-toi. Le prix de la beauté se compte en calories et en séances d'U.V. Un esprit sain dans un corps sain. Pour Socrate (ou un de ses collègues à longue barbe), cela était synonyme d'une vie saine. Pour moi (et mes collègues sosies de Barbie), ça veut dire séance de Pilates de six à sept heures, suivie de trente minutes de yoga, d'une heure de footing puis de deux heures de natation en rentrant de mon cours de fitness, avec coach personnalisé s'il vous plaît. Et au milieu de tout ça, trois repas par jour à pas plus de 350 calories chacun, et un peu de temps accordé à mes cours par correspondance. Au nom de la beauté et de la réussite. Amen !
On dit qu'on ne peut pas manquer de quelque chose que l'on n'a pas. Pourtant, au milieu de mon dressing de cinquante mètres carrés et de ma collection de trophées, il y a un espace vide. Comme un trou dérangeant laissé par une pièce manquante du puzzle. Un homme ? Non, des hommes, je peux en avoir autant que je veux. Des amis ? Non plus, j'en ai 362 sur Facebook et 136 dans le répertoire de mon Blackberry. Un job ? Pourquoi travailler quand on touche 2000 euros d'argent de poche sans lever le petit doigt ? Oui, il y a définitivement un espace vide entre ma garde-robe et mes trophées. Peut-être que ce qu'il me manque, c'est tout simplement un nouveau sac Lanvin...
J'enfile ma tenue de sport et branche mon iPod dans mes oreilles. En passant devant la salon, je surprend mes parents confortablement installés dans le sofa en train de regarder une de ces émissions débiles sur M6.
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Depuis quand vous regardez des stupidités à la télé ? On est en faillite c'est ça ?
Ma mère explosa de rire.
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Non chérie, nous étions juste en train de nous demander quel était l'intérêt de diffuser ce genre de choses. Tu te rends compte ? Des femmes énormes qui s'affichent nue devant la France entière dans le seul but d'essayer de se sentir désirables de leurs maris. C'est déplorable !
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Inutile, ouais.
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Où vas-tu ma puce ? questionna mon père.
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Je vais prendre un peu d'air, je vais courir dans le parc.
J'ai vu les yeux de mes parents s'écarquiller à cette annonce. Leurs yeux pleins de fierté. Leur fierté de voir que leur fille adorée prend toujours soin de sa forme, même à une heure si tardive. Je remet mes écouteurs en place dans mes oreilles et pars en claquant la porte d'entrée. Courir me fait du bien. Je prend mon chemin habituel, je descend la longue pente qui mène à l'imposant portail de notre maison. Je passe ensuite dans le quartier des Soleils. Drôle de nom pour un quartier habité par des gens plus déprimants les uns que les autres. Je passe devant la maison de la petite grosse. Je ne connais pas son nom – et je ne le connaîtrai jamais puisque je n'ai rien à faire avec elle – mais je crois qu'elle est italienne. Tous les matins, quand je passe devant chez elle, je la trouve assise sur les marches, s'empiffrant de biscuits en attendant le facteur. Je me demande souvent comment peut-on en arriver à ce point.
Je continue ma course vers le parc. Il commence à pleuvoir. Une silhouette emmitouflée dans un trench gris sale qui paraît trois fois trop grand pour elle fonce droit sur moi.
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Merde ! Regarde un peu où tu marches !
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Ta gueule pétasse ! Arrête de nous emmerder avec ta vie superficielle !
Elle n'a même pas daigné lever la tête. À peine le temps de riposter qu'elle a déjà disparu au coin d'une ruelle sombre. On croise des gens vraiment étranges dans ce quartier à cette heure-ci... Ce n'est pas la première fois qu'on m'insulte. Les gens sont généralement envieux, ce qui les poussent à haïr les gens comme moi, qui ont tous alors qu'eux n'ont rien. Pourtant, les paroles de cette pauvre fille résonnent inlassablement dans ma tête. Ma vie superficielle... Qu'est-ce que ça veut dire au juste ? Cette pauvre anorexique ne doit pas en connaître bien long sur la vie pour se permettre de juger celle des autres avec à peine un coup d'œil.
Le prix de la Beauté se compte en calories - Partie 2
Après l'histoire de Laura, voici la deuxième partie qui est celle de Giulia, la petite italienne boulotte.
Bonne lecture !
Lundi soir, 22h35. Avachie sur le divan, un saladier rempli de chips sur les genoux, ma mère à mes côtés. « Belle toute nue », sur M6, déprimant défilé de femmes rondes cherchant désespérément l'aide d'un homo décoloré pour s'assumer et s'affirmer aux yeux des autres. « Regarde ma chérie, c'est très intéressant ! Et arrête donc de te goinfrer ! ». Elle, Marina, 42 ans, 1m75 pour 57 kilos. Ma mère. Et moi, Giulia, 17 ans, 1m57 pour 75 kilos. Drôle de contraste n'est-ce pas ? Les conneries des mamans, qui pensent que leur fille n'est qu'un gros tas de graisse qui passe sa journée à s'empiffrer de cochonneries au lieu d'aller s'inscrire à la salle de sport avec une fournée de grandes blondes surentraînées pour camarades de jeu. Bon, d'accord, peut-être que c'est un peu vrai, mais qu'est-ce que j'y peux moi, si le sport, c'est pas mon truc, et si j'aime manger ? Ce qu'elle ne comprend pas, c'est qu'en fait j'en ai besoin. Comme des pulsions irrépressibles de manger, tout et n'importe quoi, pour combler un manque, pour me révolter. Me révolter contre la société, qui condamne les « grosses », qui nous balance à tout bout de champ des images de mannequins gaulées comme des fils de fers, me révolter contre les préjugés, contre les vêtements conçus juste pour les minces et qui nous boudinent affreusement, me révolter contre le miroir, mon pire ennemi. La Beauté, c'est qui celle là ? De quel droit se permet-elle de régner en maître sur nos vies ? Personne ne l'a invitée à ce que je sache... J'aurais aimé vivre à l'époque des peintres néoclassiques, quand le critère de perfection esthétique était la rondeur, j'aurais aimé être la Grande Odalisque d'Ingres, ou la femme du Déjeuner sur l'herbe de Manet. Pouvoir être « belle toute nue » moi aussi... Même Crystal Renn s'est mise à faire un petit 38 ! J'envie les stars des magazines, celles qui rentrent sans peine dans des mini-robes fourreau de chez Armani, celles qui n'ont pas un poil de graisse et qui s'exhibent en trikini échancré en couverture de Elle. J'envie la fille que je vois tous les matins faire son footing en passant devant chez moi, celle qui a des parents super riches et qui habite sur la colline en haut de la rue. J'envie même la marchande de fruits et légumes du Monoprix à qui le tablier vert va comme un gant. Ma mère aussi les envie. Elle envie surtout leurs mères qui n'ont pas cette malchance d'avoir une fille pleine de bourrelets qui leur fait honte à la plage. Elle aurait aimé que je ressemble à ma grande sœur, que je sois fine et élancée comme elle, que je fasse carrière comme styliste en Italie comme elle, que je puisse rentrer dans du 36 comme elle. Perdu maman, je suis juste petite et grosse, et j'ai redoublé ma terminale. J'ai raté mon bac maman, à cause des moqueries et des injures permanentes qu'on m'a infligées car je ne rentrais pas dans les normes d'esthétique. À cause des garçons qui m'ont fait espérer obtenir leur affection alors que ce n'était que pour me rendre encore plus ridicule. À cause de toi maman, qui m'a forcée à suivre une thérapie quand tu as vu que les régimes ne fonctionnaient pas.
L'image d'une femme en sous-vêtements attire mon regard sur l'écran plasma du salon. Sa photo est exposée sur une affiche en plein Paris et les passants lui font pléthore de compliments. Tous les mêmes hypocrites. Ils ne veulent pas la vexer, cette pauvre dame qui voit son corps boudiné affiché sur la façade d'un grand magasin. Ils ne se rendent donc pas compte à quel point c'est laid les poignées d'amour, les bourrelets du ventre, la cellulite sur les cuisses et les seins qui tombent tellement ils sont gros ? Je bénis l'inventeur de la blouse ample et de la robe longue. Des vêtements qui cachent les gens gros comme moi. Des vêtements qui préservent le peu de dignité qui nous reste. Je jette un coup d'œil à ma mère, sagement assise sur le divan à coté de moi. Elle regarde la télévision avec un air de dégoût, elle semble se poser la même question que celle qu'elle me pose tous les jours : comment peut-on en arriver à ce point ? Ce qu'elle veut vraiment dire c'est : comment peut-on encore être gros dans un monde dominé par la dictature de la Beauté ? Eh bien tu sais quoi maman ? Moi aussi j'aimerai bien le savoir...
Ma mère s'est endormie devant la télévision. J'attrape la télécommande restée sur la table basse et éteint l'écran. En montant me coucher, je me surprend à penser à la fille maigre comme un clou qui habite près du parc, celle que je croise en coup de vent quand je vais promener le chien. Ma mère dit qu'elle est malade. C'est la seule personne qui me rend heureuse de ma condition. Comme on dit, mieux vaut trop que pas assez ! C'est à cause - ou grâce – à elle que j'ai du mal à faire des régimes, que je résiste aux pilules amincissantes et à toutes ces autres conneries qu'on nous inflige. Quitte à choisir entre la peste et le choléra, je préfère rester grasse plutôt que de finir comme elle. Je déshabille en évitant soigneusement le miroir. Je n'aime pas qu'on me rappelle que je suis grosse. Je m'allonge dans mon lit et attrape le numéro du Elle de la semaine. Comme toujours, je commence par lire l'édito. Pas que je trouve ça très intéressant, mais c'est surtout qu'en bas de l'article, il y a le nom et la signature d'Elaine Ameka. La directrice du magazine, la femme la plus belle qui puisse exister. Secrètement, je rêve de lui ressembler. Elle a tout ce dont une femme puisse rêver : la richesse, la gloire, la beauté. Ses longs cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules, ses grands yeux verts en amande, ses dents d'un blanc éclatant, parfaitement alignées, son nez aquilin qui lui donne une allure de Vénus, même ses oreilles, qu'ont aperçoit légèrement derrière ses cheveux, sont merveilleusement proportionnées. La description de la femme parfaite. La nuit dernière, j'ai rêvé d'elle. On vivait ensemble et j'étais sa fille. Je lui ressemblais beaucoup, j'étais parfaite moi aussi, et on riait aux éclats en essayant des robes de grands couturiers. C'est elle mon idole. Si un jour je pouvais la rencontrer, ce serait le plus beau jour de ma vie. Comme tous les soirs, je finis pas m'endormir en serrant le magazine dans mes bras, comme un totem secret et insaisissable.
Le prix de la Beauté se compte en calories - Partie 1
Aujourd'hui, je vous présente la première partie d'une série de trois nouvelles que j'ai écrites en juillet 2010. Il s'agit d'une critique de l'idéal esthétique actuel à travers trois adolescentes : Laura est anorexique, Giulia est ronde et Naomi baigne dans l'univers des concours de beauté depuis son plus jeune âge.
Mon idée de base était de développer ces trois histoires parallèles pour en faire un petit roman, mais j'ai dû abandonner l'idée face à ma charge de travail scolaire assez conséquente. Peut-être reprendrai-je l'idée un jour... ;)
Bonne lecture !
« Je suis belle, ô mortels! Comme un rêve de pierre ». Charles Baudelaire, La Beauté. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à écrire sur ce sujet ? La beauté, c'est surfait, c'est subjectif, c'est un concept inventé par les manichéens, ceux qui ont sans cesse besoin d'opposition. La beauté, la laideur, le blanc, le noir, le clair et l'obscur. Toutes ces émissions lui étant dédiées, toutes ces femmes qui passent leur vie à essayer de lui ressembler. Mais qu'est-ce qu'elle a, cette Beauté, de si exceptionnel pour que tout le monde l'envie ? « Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour... » Et puis merde, je n'arrive pas à l'apprendre ce poème ! Il ne m'émeut pas, parce qu'il ne me ressemble pas. J'allume la radio à la place. « You're beautiful, you're beautiful, it's true! » Ah non ! Voilà que les chanteurs s'y mettent aussi ! Je fais un demi-tour sur ma chaise à roulettes, je cherche quelque chose qui ne me ramènera pas à cette entité divine que tout le monde adule. Je me retourne et me retrouve face à face avec le miroir. Le grand, l'imposant miroir en pied que ma mère a collé sur la porte coulissante de mon armoire. Face à face avec une image habituelle, si familière que je ne la reconnais que partiellement. Un visage disgracieux, des grands, trop grands yeux, des cheveux aussi plats et aussi jaunes que la paille, des courbes inexistantes, des os saillants et des pieds trop plats.
Beauté, nf : Qualité de ce qui est beau, de ce qui est esthétique à la perception. Il se dit en général de ce qui touche et charme les sens, l’esprit, l’âme, de ce qui est excellent en son genre. Hm ouais, si Wikipédia le dit... Belle de jour, belle de nuit, belle toute nue, belle tout court. Encore des jolies choses que je n'entendrais pas à propos de moi. Pourtant, moi aussi j'ai essayé de l'atteindre, de l'approcher, de lui ressembler, à cette Beauté. J'ai été formatée pour ça, influencée dès le début par l'hypocrisie des autres. Tous ces gens, plus ou moins inconnus, obnubilés par la perfection, par le respect des normes d'esthétique, pour qui un enfant au physique désavantageux n'est pas acceptable. J'ai un jour entendu ma tante dire à ma mère que j'étais trop grosse, que les garçons n'aiment pas ça, qu'il faut qu'elle fasse quelque chose pour que j'aie une chance dans la vie. Tu parles d'une chance ! Trois ans de régimes forcés, acharnés, trois ans de salades, de choux, de pilules, trois ans de lavages de cerveau par une famille matriarcale obsédée par la mode et l'apparence. Deux ans de vomi dans les toilettes après chaque repas, deux ans d'examens médicaux, deux ans de psychologue pour ados. Un an de dépression, un an d'engueulades familiales, un an de déscolarisation. Emprisonnée dans le cercle vicieux de ce qu'ils appellent l'anorexie, on m'a jugée pour ce que j'étais, et on me juge maintenant pour ce que je suis. Et tout ça au nom de la Beauté. « Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris […] Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. » On m'a tout volé, ma jeunesse, mes émotions, mon droit à la parole, on m'a volé ma vie. Elle est belle, la Beauté ! Elle se balade, insouciante, dans les méandres de la Vie. Elle se faufile sans vergogne dans les failles imperceptibles des Hommes et vient les narguer de son rire cristallin et de sa parfaite silhouette. Elle crée des désastres meurtriers, elle est fourbe et elle aime ça. Elle est la meilleurs amie de celle que l'on appelle Folie, ensemble elles font les quatre cents coups, comme une tornade et un volcan détruisant tout sur leur passage, elles font bien des ravages. Et gare à celle qui, comme moi, cherche à leur échapper.
Des larmes coulent sur mes joues, n'arrangeant rien à l'image cruelle que me renvoie mon miroir. Mes yeux se posent sur la page restée sur mon bureau et me rappellent à mes devoirs. « Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants, De purs miroirs qui font toutes choses plus belles: Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles ! »
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Laura ! Viens manger, le repas est prêt !
Manger. Encore une idée stupide inventée par des bourreaux. Chaque repas est une torture. Imaginez un morceau de viande qu'il faut difficilement mâcher jusqu'à le réduire en bouillie, puis le faire descendre péniblement dans la gorge. Le faire ensuite atterrir dans l'estomac pour le faire gonfler et se sentir lourde au point de ne plus pouvoir bouger. Quel autre choix que de le recracher pour échapper à cette sensation ? Ma mère aime me torturer. Il paraît que c'est pour mon bien, pour que je sois en bonne santé. J'étais en bonne santé, c'est elle qui a tout détruit avec ses régimes protéinés, ses pilules amincissantes et sa honte secrète d'avoir une fille enrobée. Elle qui ne jure que part la taille 36 et la section mode et beauté de Elle qu'elle lit et relit chaque semaine comme sa Bible. Elle a tout perdu. Elle est passée d'une fille enrobée à une enfant anorexique, ce qui n'est pas un critère de beauté non plus.
Encore un repas à 22h30, encore un moment fatidique de douleur, encore une demie heure en compagnie de ma mère, à ne pas se parler ni même se regarder. Elle est trop dégoûtée par ce qu'elle pourrait voir lever les yeux vers moi. Aujourd'hui, poulet à la tomate et purée. Au moins un aliment que je ne suis pas obligée de mâcher. Comme toujours, elle allume la télévision, histoire d'avoir un bruit de fond et d'échapper à la vision horrible de sa fille déguisée en squelette. L'image d'une femme ronde posant nue pour un photographe s'affiche à l'écran. Ma mère glisse son regard vers le mien. Un silence lourd tombe dans la pièce. J'avale lentement ma bouchée de purée. Le présentateur de l'émission et la femme nue marmonnent des paroles indistinctes et rient aux éclats. De grosses larmes roulent sans bruit sur les joues de ma mère. J'explose.
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Merde maman, faut savoir ce que tu veux ! Une grosse, ça te fait pleurer et un squelette ça te fait vomir ! Tu veux une fille belle et mince ? Va donc adopter la pouffiasse bourge qui vit dans la château en haut de la rue ! Ou tue moi, tu seras plus heureuse !
Je me lève avec fracas, balançant mon assiette à peine entamée à l'autre bout de la cuisine. Ma mère n'a pas bougé. Elle a toujours les yeux rivés sur le poste de télévision. Elle n'essuie même pas ses larmes ni la morve qui coule de son nez. C'en est trop. Je prend mon trench trois fois trop grand et sors en claquant la porte. Les mains enfoncées dans mes poches, je fonce droit devant moi, tête baissée. Au détour d'une rue, on me fonce dedans. Pas besoin de lever la tête pour voir qui c'est, ses chaussures de sport griffées et ses jambes bronzées la trahissent. C'est la bourgeoise qui habite dans l'immense villa sur la colline qui surplombe la ville. Il ne manquait plus qu'elle ! Elle et ses airs supérieurs, ses escarpins de marque et son corps façonné comme ceux des stars des magazines. Elle qui ne connait pas la misère, ni la pression constante d'une mère désespérée par l'apparence de son unique enfant.
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Merde ! Regarde un peu où tu marches ! cria la pouffiasse.
Toujours son air supérieur, même le lundi à 23h. Aucun regard, aucune considération pour autrui, aucun respect ni aucune attention pour autre chose que sa personne.
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Ta gueule pétasse ! Arrête de nous emmerder avec ta vie superficielle ! explosai-je.
Il faut bien quelqu'un pour la remettre à sa place et lui envoyer la vérité dans les dents. Ça m'étonnerait beaucoup que ses parents chéris osent lui parler de cette façon. De toute façon, elle ne doit pas voir plus loin que le bout de la cuillère en or qu'elle a dans la bouche. Sans même lui lancer un regard, je continue ma route comme si elle n'avait jamais existé. Il commence à pleuvoir, c'est bien ma veine ! Je passe devant la villa Marina – une petite maison qui, en fait, n'a rien d'une villa – où habite la petite Italienne qui sort souvent son chien dans la parc près de chez moi. Elle me rappelle moi avant ma transformation, une petite boulotte qui a tout le temps l'air joyeux. Elle me rappelle ma vie d'avant, quand je n'avais pas tous ces problèmes. Elle doit avoir la chance d'avoir une mère aimante qui ne la harcèle pas à coups de régimes forcés. J'évite de lui parler, c'est trop douloureux de laisser remonter le passé.
Une fois que j'ai la certitude que ma mère et ma tante sont couchées, je rentre enfin chez moi. La maison est plongée dans le noir. Je monte l'escalier et m'allonge dans mon lit sans même me déshabiller.
Un hiver à New York
Cette nouvelle date de décembre 2010 et a été écrite pour un concours sur le site We Love Words ayant pour thème "Le rêve américain".
Bonne lecture !
Coup d'œil par la fenêtre. La rue a revêtu son manteau blanc, les flocons répètent inlassablement leur ballet harmonieux. Rêveuse, je contemple un instant ces insaisissables cristaux flottant dans les airs, ces éphémères particules de pluie endimanchées. Le soleil timide perce à l'horizon, signe avant-coureur d’une journée particulièrement fraîche. J’enfile à mon tour mon blouson blanc, prend mon MacBook Pro, pars désespérément à la recherche de mes clefs, et quitte enfin la maison. Je m’engouffre dans la bouche de métro. Neuf arrêts de DeKalb Avenue à la 57ème rue, assez de temps pour passer en revue les énergumènes de la ligne F. Il y a le grand danseur Noir profitant du trajet pour faire étalage de son art, utilisant les poteaux métalliques tachés de sueur pour ses parades acrobatiques. Il y a le jeune cadre dynamique, travaillant dans un de ces grattes-ciel et rêvant de pouvoir, un jour, toucher les étoiles. Il y a aussi cette étudiante insouciante, balançant sa tête au rythme des notes que lui envoie son tout nouveau iPod. Il y a cette femme asiatique lisant le journal, qui s’apprête à aller vendre ses bijoux artisanaux sur Canal Street, ce vieux monsieur à la mine usée, pensant à ses années de gloire au sein de l’armée, cet adolescent et son blouson des Knicks, en route vers Madison Square Garden, des étoiles plein les yeux. Il y a aussi ce quadragénaire à la peau basanée, fatigué de tous ces regards de travers, pensant à raser sa longue barbe qui lui cause tant de problèmes, ce jeune encapuchonné aux yeux cernés n'ayant pour seule hâte que d’aller chercher sa dose de crack derrière Grand Central, ce sans-abri venu chercher un peu de réconfort et de petite monnaie auprès des voyageurs aigris et mal réveillés. Et, au milieu de cette population cosmopolite, il y a moi, la jeune Française aux espoirs multicolores et à la folie de venir goûter au rêve américain. Il y a longtemps que la France m'avait déçue et que mon écran de télévision rempli de Times Square et de Dolce & Gabbana me faisait les yeux doux. Dans la candeur de ma jeunesse, j'ai crié God bless America et je suis partie chatouiller la Statue de la Liberté. Avoir vingt ans au bout du monde, c'est la promesse de mener une vie de bohème. Enchaîner les petits boulots à New York quand on ne parle qu'un anglais scolaire, c'est la preuve d'un acharnement volontaire.
L'alarme du métro me tire de mes pensées. Je sors en suivant la cadence de la foule de new-yorkais qui se pressent pour aller s'enfermer dans leurs bureaux. Je ne suis plus qu'une toute petite fourmi noyée sous un flot d'anonymes. Le décor s'éclaircit, la brise hivernale vient souffler sur mes joues déjà rosies par le froid. J'enfile mon bonnet de laine et grimpe les escaliers qui mènent à la réalité. Times Square se dresse devant mes yeux qui semblent le redécouvrir chaque jour. Times Square, cet endroit magique aux mille lumières qui vous tournent la tête. Au loin, l'Empire State Building pointe son imposant bout du nez pour aller saluer les nuages. Une enseigne familière attire mon regard. J'entre au Starbucks et commande mon moka chocolate chip habituel, l'accessoire ultime de la working-girl new-yorkaise. Je glisse ma main dans la poche de mon blouson et en parcours le contenu. Mes doigts s'excitent au toucher si rugueux et pourtant si doux d'un morceau de papier rectangulaire. Je sors un de ces billets verts, ceux qu'on ne voit que dans les films, celui sur lequel Abraham Lincoln me sourit en coin. Je lui fais un clin d'œil et l'abandonne aux mains du serveur. La neige a cessé de tomber et une multitude de touristes afflue sur les escaliers de Times Square. Les locaux, les pure souche « tricotés-serré » qui ne prennent plus la peine de lever les yeux pour admirer la beauté urbaine environnante, se mêlent aux néophytes qui, munis de leurs boîtes à images, parcourent des milliers de kilomètres pour s'improviser new-yorkais le temps d'un instant. Mon reflet dans la vitrine d'une boutique m'appelle à la réflexion : suis-je d'ici ou d'ailleurs ? Suis-je de ceux pour qui Central Park n'est plus qu'une vaste étendue d'herbe verte ordinaire ? Ou bien ne suis-je, au fond, qu'une touriste aux yeux écarquillés devant cette ville dont tout le monde rêve ? Et justement, si tout cela n'était qu'un rêve ? Oui, un rêve. Éveillé. Le rêve Américain.
(source image : visiter-newyork.com)
Couleurs éphémères
Encore une nouvelle semaine qui commence ! J'espère que vous avez tous passé un bon week-end... Certains de vous le savent déjà, mais en plus d'écrire de la "prose poétique", j'écris aussi quelques histoires, des nouvelles plus ou moins longues. Cette semaine va donc être consacrée à la découverte de ces petits exercices que j'ai réalisés dans le cadre de cours ou de concours.
Je commence avec cette courte nouvelle datant de novembre 2009, que j'ai du écrire pour un cours.
Bonne lecture !
Elle travaille dans une banque. Il est serveur dans un café. Elle rentre du travail à dix-sept heures. Il est adossé nonchalamment à un lampadaire. Leurs regards se croisent. Il la suit jusqu'à son appartement et attend sous la fenêtre de sa chambre. Elle le remarque, L'invite à monter prendre un café. Ici commence leur histoire.Ils sont inséparables.
Partout où on la voit, il n'est pas loin derrière. Cela devient même dérangeant, les gens les dévisagent dans la rue. Il met ses pas dans les siens, jusqu’à la banque le matin et l’y attend encore à la fin de la journée. Elle aime terriblement ça ; elle qui n'a jamais été très appréciée des autres. Elle est ravie d'avoir enfin trouvé un ami, un amant. Elle vibre au rythme de l'amour, elle trouve que ça apporte un peu de couleur au milieu de son environnement gris. Il faut dire qu'à Paris à cette époque de l'année, le soleil est timide.
Il est heureux d'avoir croisé son chemin. Lui non plus n'a pas beaucoup connu l'amour. A vrai dire, c'est la première fois. Et ce n'est pas chose facile. La mère de sa fiancée n'a pas l'air de l'apprécier beaucoup, elle le met à la porte chaque fois qu'elle le voit. Alors il se détache. Il continue à la suivre mais il ne se laisse pas attraper. Il tient beaucoup à sa liberté.
Aujourd'hui, ils se promènent devant l'ancienne école. Ils aperçoivent un groupe de jeunes filles. Elle n'aime pas beaucoup les regards que ces demoiselles portent à son ami. Ce sont des regards pleins d'envie. Il remarque les jeunes filles mais n’y prête pas attention. C'est elle qu'Il aime, et toutes les jeunes filles du monde ne pourront la remplacer. Cependant, il continue à se détacher d'elle. il rencontre de nouvelles personnes, il commence à rester avec les jeunes filles de l'école. Elle ne se pose pas de questions car elle sait qu'il va revenir et qu'il tient à elle, elle lui fait confiance. De toute façon, il n'arrête pas de la rassurer, il lui dit que ces filles n'ont pas d'importance pour lui, et qu'il ne cherche qu'à se faire de nouveaux amis, rien de plus.
Ils commencent à se disputer. Elle lui reproche de passer moins de temps avec elle, il ne comprend pas sa réaction. Il finit par claquer la porte et s'en aller. Elle pleure, elle ne sais pas quand il reviendra. Elle passe la soirée entière à l'attendre, en vain. Lorsqu'il rentre, elle est déjà endormie. Son maquillage a coulé, il s'en rend compte et s'en veut de lui avoir fait de la peine. Il se dit qu'il ferait mieux d'aller dormir chez lui ce soir, ça ira mieux demain.
Elle se réveille, espérant le trouver à ses cotés, mais il n'est toujours pas là. Elle décide d'aller faire un tour dans le quartier, peut-être le croisera-t-elle... Elle enfile son joli ciré rouge et ferme la porte à double tour. Elle passe devant le café où il travaille, dans la rue de Ménilmontant, mais il n'est pas là. Elle va voir chez lui, mais personne ne répond. Elle continue même jusqu'à la vieille école, en se disant qu'il serait peut-être avec ses nouvelles amies. Mais il n'y est pas. Elle décide de rentrer chez elle et de lui téléphoner.
C'est au coin d'une rue sombre qu'elle l'aperçoit. Lui, l'homme de sa vie, celui qu'elle aime de tout son cœur, est là. Il est de dos, un peu courbé, il a l'air de chercher quelque chose. Elle s'approche discrètement. Il l'entend et se retourne. Sur son visage elle peut lire un mélange de surprise, de peur et de culpabilité. En regardant derrière lui, elle comprend. Une femme, avec une jolie robe bleu roi, de longs cheveux blonds, des lèvres roses et de grands yeux verts.
Elle se met à courir, elle n'a jamais couru si vite. Sa seule envie est d'effacer cette image de sa tête et de tout oublier. Non, c'est impossible, elle rêve, cela n'est jamais arrivé, il n'aurait jamais fait ça, il l'aime... Elle court tellement vite qu'elle ne voit pas le camion qui arrive droit sur elle. Elle sent une douleur fulgurante traverser son corps. Les badeaux ne voient qu’une boule rouge monter dans les airs . Puis, plus rien.
Son père lui a toujours dit : « L'amour, c'est comme un ballon, c'est joli, plein de couleurs, et au fil du temps soit ça se dégonfle, soit ça finit par exploser. » Elle sait aujourd'hui qu'elle aurait du l'écouter.
Critique - Le symbole perdu
Bon vendredi à tous !
Cette semaine j'ai lu un roman autour duquel je tournais depuis un bon moment sans me décider à l'ouvrir : Le symbole perdu de Dan Brown. Je l'ai finalement dévoré entre mes allers et retours dans le métro montréalais et mes minutes d'attentes avant les débuts de cours !
Résumé
A la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie...
Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué par son ami Peter Solomon, philanthrope et maçon de haut grade, pour une conférence à donner le soir même. En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une macabre découverte.
Ce sera le premier indice d'une quête haletante, des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie.
Une aventure où s'affrontent les traditions ésotériques et la formidable intelligence de Robert Langdon.
Mon avis
Je ne vais pas vous le cacher, mes impressions sur ce roman ont été très mitigées. Bien que le sujet soit différent, j'ai eu l'impression de relire le Da Vinci Code. On retrouve le même genre de personnages : le vieil ami du professeur qui court un grand danger et qui essaye de lui faire passer un message, la parente du vieil ami qui s'associe au professeur pour résoudre l'énigme, le corps de police qui tente de toutes les façons d'arrêter Langdon, le méchant qui se livre à des rituels occultes, tout est là. Je ne vais pas dévoiler de détails mais les ressemblances vont même jusqu'au fil conducteur de l'histoire, si bien que j'ai vraiment eu un sentiment de déjà-vu.
J'ai trouvé également que l'action était longue à démarrer. Je me suis aperçue que je m'étais déjà rendue à la moitié du livre sans que Robert Langdon n'ait décollé de la rotonde du Capitole, lieu où il découvre sa mission. Ceci s'explique surement par les nombreux flashbacks dans la vie des protagonistes, certes utiles à la compréhension de l'intrigue, mais parfois trop longs. Je m'attendais à une action plus dense, avec beaucoup de rebondissements, des voyages, des découvertes ahurissantes, mais j'ai eu l'impression que le roman ressemblait plus à un polar qu'à un roman d'action comme les précédentes aventures de Langdon. Le côté historique et mystérieux a, selon moi, été un peu plus écarté au profit des détails psychologiques des personnages.
Cependant, on sent que l'auteur maîtrise toujours aussi bien son sujet. Les détails sur la franc-maçonnerie sont vraiment bien donnés et viennent chercher le lecteur. Ce qui m'a frappée dans ce roman, ce sont les descriptions : certaines scènes sont tellement détaillées que j'ai plusieurs fois eu le sentiment d'être à la place du personnage.
J'ai quand même aimé ce roman, il se lit vite et réussit malgré tout à captiver l'attention du lecteur, même si la série commence à s'essoufler. Je le recommande à tous ceux qui ont aimé le Da Vinci Code et Anges et Démons.
Trois P'tits Chats
Voici un de mes textes écrit en novembre 2010, dont le style change un peu de ceux de d'habitude... J'espère que vous apprécierez cette petite variation :)
Bonne lecture !
Somnambule
Bulle de savon dans mon bain de minuit
Miroite de couleurs d'essence
Huiles essentielles parfumées d'hiver
Bulletin
Météo changeante du vert au blanc
Boule de neige par la fenêtre
Respire la douceur de mes jeux d'enfant
Tintamarre
Dans ma tête un marteau cruel
Un ennemi qui abat le jugement
Harcèlement moral lourd comme une enclume
Marabout
Enchanteur venimeux qui a usé
D'une gamine désabusée
Triste sire au cœur de pierre
Bout d'ficelle
Toi l'homme des terres lointaines
M'a déviée de mon noble chemin
A coups de hache ma corde a lâché
Pied à terre
Tu m'as fait perdre le mien
Noyée sous un flot de promesses volatiles
L'illusion était parfaite
Terre de Feu
Le regret d'y avoir posé les yeux
A vouloir gouter au fruit défendu
Je m'y suis brulé les lèvres
Feu follet
Tout s'accélère, un tour de passe-passe
Une ascension ruinée en un tournemain
Une bataille acharnée pour parvenir à tes fins
Gueule de loup
Je ne m'y suis pas livrée
Fautive je me suis laissée enchainer
Se débattre pour ne pas laisser le mâle triompher
Lettre d'amour
Grand est le Pardon de l'âme qui aime
Protégée par le Grâce je t'ai fait choir
Quel goût savoureux peut avoir la victoire
Trois p'tits chats, dont un boiteux
De l'autre coté du Styx il est resté
Trois p'tits chats jouant un jeu dangereux
A bout de souffle, des plumes y ont laissé.
La Veuve Noire
Voici un nouveau texte datant du mois de juin 2010, écrit à la suite d'une rupture amicale (qui s'est recollée depuis ^^), ou un bon exemple de la façon dont j'utilise mes émotions pour les transformer en énergie créatrice...
Bonne lecture !
J'irai m'allonger sur un voile d'amertume, parsemé des poussières du temps
Des rêves si éphémères, tendres chimères se balançant au rythme de l'espoir
Que je dois abandonner dans la ville des cœurs déchus
Un ouragan dévastateur a soufflé sur ton âme, t'emportant à mille lieues de mes horizons
Séparées par un gouffre qui ne cesse de s'élargir
Nous avions pourtant tant d'étoiles à découvrir
D'autres galaxies m'emportent dans leurs tourbillons lactés
Sur un navire étranger tu dérives, perdue en pleine tempête
Tu t'engouffres dans un détroit sans issue
Vers les voies célestes je m'élève, loin de ce lien malsain qu'il me faut briser
Par ce charme je me suis laissée ensorceler, enfermée dans une cage aux barreaux acérés
Doucement tu as tissé ta toile, dangereux piège de cristal que j'ai finalement su déjouer
Laquelle de nous deux s'est perdue en premier ?
Par ton visage angélique je me suis laissée envoûter
Dans une cascade dorée je suis tombée
J'irai me coucher sur l'herbe de l'amitié, à la saveur altérée
Au pays des fourbes, les jokers sont rois
Car les plus beaux masques ne dévoilent rien
Sans pitié ni compassion, armée d'une brique de sucre qui s'est brisée sur mes reins
Telle une lionne tu ne lâches pas ta proie
Mon esprit se cristallise dans sa sphère insubmersible.
(source image : JMoquet Photographie)
Nuits parisiennes
Aujourd'hui, je vous présente un autre texte sur Paris, ville qui m'inspire beaucoup puisque je suis née et j'ai vécu dans sa région. Au menu, une promenade dans le monde endiablé des nuits parisiennes, datant de février 2011...
Bonne lecture !
Il est un endroit empli de songes
Au son de la harpe le soleil fond
Pour laisser place au royaume des fous
Qui, au rythme des lampadaires qui s'éveillent,
Sortent de leurs tanières.
Il est là, le magicien des couleurs
Qui, d'un mouvement subtil,
Illumine le parvis de l'église.
Ses pas s'animent au son du tambour
Près de la Seine, belle mise en scène
Pour ces spectateurs privilégiés
Qui l'admirent de leur péniche.
Leur fête rythmée par les bouteilles de vin que l'on débouche à l'infini
Ils se laissent emporter par l'ivresse d'une nuit parisienne.
Il est là, l'enfant qui s'ébahit
Devant la ville qui se remplit
De saltimbanques et de joueurs de flûte.
Le Moulin Rouge a fait tourner son hélice
Et la fée verte s'en va faire son chiffre.
Elle est là, la jeune danseuse
Qui, d'un rond de jambe, attise tous les désirs
Des milliardaires en voyage d'affaires
Venus goûter aux délices interdits.
Ils sont là, les insouciants déjà éméchés
Qui font la queue sur les Champs-Elysées
Pour enflammer la piste, pour assouvir leurs délires.
Il est là aussi, le sans-abri qui attend près d'un restaurant
Guettant son premier sourire de la journée
Qui lui apportera peut-être de quoi manger
Et l'autre en face qui garde son territoire,
Serrant contre son cœur son chapeau rapiécé
Ultime vestige d'un heureux passé.
Et quand la fête est terminée,
Quand le soleil reprend sa place au dessus des étoiles,
Chacun va se coucher, génération désorganisée rêvant à la prochaine folie.
Il est un endroit empli de songes
Qui revêt son habit de lumière une fois la nuit tombée
Une ville qui ne dort jamais, au service du plaisir,
Reine de débauche où chacun noie, pour un instant, tous ses soucis.
(source image : paris-banlieue-meetinggame.fr)









