Hey oui, surprise ! Une fois n'est pas coutume, Tête de Litote chronique une bande dessinée aujourd'hui ! Depuis que je parcours la blogosphère littéraire, j'ai un peu élargi mes horizons en matière de lecture et je découvre petit à petit le monde de la bande dessinée... Je me suis même inscrite à une lecture commune de BD pour vous dire ! Mais je vous en reparlerai un peu plus tard ;)
Au fil de mes promenades dans ma chère bibliothèque, je suis tombée sur Cent mille journées de prières de Michaël Sterckeman et Loo Hui Phang.

 

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Résumé

Louis est un enfant dont la mère est Française et dont le père est asiatique. Comme il ne sait rien à propos de son père, de ses origines, Louis s’est fait à l’idée qu’il pourrait être Chinois. 
Ce père absent manque au jeune Louis, d’autant plus que lorsqu’il pose des questions à sa mère à son sujet, celle-ci répond à côté, évitant le sujet. Et elle pleure, souvent, gardant ses secrets pour elle. 
L’arrivée un beau jour d’amis cambodgiens à qui sa mère sait s’adresser dans leur langue va donner à Louis quelques premiers indices. Jusqu’au jour où il va comprendre qui si tant de mystère est cultivé autour de son père, c’est semble-t-il parce qu’il est retenu en prison dans son pays pour y avoir commis des crimes...


Mon avis

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Cent mille journées de prières est un album très touchant et profond. On découvre le quotidien de Louis, ce jeune garçon dont l'identité asiatique lui cause problème à l'école. Il est le seul Eurasien et se promène souvent au son des railleries de ses camarades, qui lui assènent sans cesse le fameux "hey ! t'es le fils de Bruce Lee ?!". Sa vie à la maison n'en est pas plus gaie : sa mère Laurence pleure souvent le soir, mais Louis ne sait pas pourquoi et n'ose pas lui demander. Sans amis à qui se confier, Louis reporte toute son affection sur un oiseau qui vit en cage dans sa chambre. La relation que le petit garçon vit avec son oiseau m'a vraiment touchée : ils se protègent mutuellement et se comprennent, bien que n'appartenant pas à la même catégorie d'êtres vivants. 
Cent mille journées de prières explore des sujets sensibles : la question identitaire au stade de l'enfance, la vie d'une famille monoparentale, l'absence pesante d'un père et les lourds secrets familiaux. Les illustrations de Michaël Sterckeman traduisent parfaitement ce sentiment d'insécurité constante qu'a Louis, aussi bien à la maison qu'à l'école, ainsi que sa souffrance de ne pas savoir qui est son père ni ce qu'il fait. J'ai été ravie de pouvoir en apprendre un peu plus sur l'histoire du Cambodge et des Khmers rouges qui est amorcée vers la fin de l'album et de voir cette partie de l'histoire à travers des yeux d'enfants. Cent mille journées de prières est aussi une belle leçon de courage et de tolérance, surtout dans le milieu scolaire. J'ai beaucoup apprécié cette BD, et j'attend avec impatience la sortie du deuxième tome !