Bon, après avoir terminé les fabuleuses aventures des amateurs de patates, je m'étais dit qu'il fallait quand même bien que je termine la lecture de Brooklyn Follies que j'ai entamée il y a plusieurs semaines et que j'ai laissée de côté... Sauf que, passer d'un livre méga-génial à un livre qui ne m'a pas super emballée au premier abord, c'est pas toujours évident... Alors je me suis accordée un petit break en lisant La Reine des lectrices d'Alan Bennett. Un tout petit roman de 120 pages, léger, tout ce dont j'avais besoin :)

 

LaReinedeslectrices

 

Quatrième de couverture

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les soeurs Brontë, Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'oeil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde so British de Buckingham Palace s'inquiète. Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.

 

Mon avis

Ce petit roman, court et qui se lit très vite, est délicieux. L'auteur nous présente la Reine Elizabeth sous un jour complètement différent de ce qu'on a l'habitude de voir. Grâce à l'un de ses employés de cuisine sur lequel elle tombe tout à fait par hasard, Sa Majesté découvre l'univers merveilleux des livres et leur pouvoir sur son imagination et son style de vie qui va s'en retrouver bouleversé. La lecture est maintenant sa priorité : elle ne quitte plus le palais sans emporter un livre, et elle ne connaît plus d'autres sujets de conversation, au grand dam de ses conseillers et des autres membres du gouvernement, qui n'ont d'ailleurs aucune idée sur ce qu'elle raconte. J'ai beaucoup aimé ce petit lovre pour deux raisons. La première est que l'image de la Reine se retrouve adoucie par cette fiction. On lui découvre un profil tendre, humain, aimant et bienveillant. J'ai aimé me la représenter sous les traits d'une jolie grand-mère très sage, qui viendrait me hisser sur ses genoux pour me raconter des histoires. Ici, elle se retrouve plus proche de ses sujets grâce à la lecture, elle tisse même une amitié avec le jeune homme qui devient son guide littéraire. Bref, Elizabeth est comme tout le monde, un être humain. J'ai beaucoup aimé le fait qu'Alan Bennett démystifie un peu l'image du souverain intransigeant et inaccessible et mette en lumière des qualités plus ordinaires.
Le seconde raison pour laquelle j'ai aimé ce roman, c'est qu'en plus d'être une fiction légère et amusante, La reine des lectrices soulève quand même le sujet de l'addiction à la lecture et de son pouvoir subversif. Au fil du roman, on s'aperçoit que la Reine met de plus en plus de coeur à la tâche, qui en arrive quasiment à éclipser tout le reste : puisqu'elle veut passer le plus de temps possible à lire, la Reine se détache de ses engagements quotidiens et se retrouve de plus en plus souvent seule à lire. Je me suis un peu reconnue dans cette histoire... Il est vrai qu'en tant que blogueuse littéraire, les livres ont une place énorme dans mon quotidien et j'y consacre beaucoup de temps. Ce livre m'a permis de réfléchir un peu sur le pouvoir de la lecture, et par extension de l'écriture, et je le conseille à toutes mes blogo-copines littéraires qui devraient s'y retrouver un peu aussi ;)