J'ai pris pas mal de retard dans mes lectures, car je n'ai pratiquement pas lu de toute la première semaine du mois... Mais heureusement, le soleil et la chaleur sont revenus, synonymes de longs après-midi à bouquiner dehors et me faire bronzer par la même occasion ;) En ce début de semaine ensoleillé, j'ai dévoré Danseur de Colum McCann.

 

Danseur

 

Quatrième de couverture

Des forêts de l'Oural aux clus de l'underground new-yorkais en passant par Leningrad et les hauts lieux de la jet-set internationale, un roman flamboyant porté par une écriture âpre et riche où se dessine une somptueuse histoire d'amour, d'art et d'exil.
En 1944, dans un hôpital soviétique, Rudik, six ans, danse pour son premier public : aucun des soldats mutilés n'oubliera cet instant éblouissant... Dès lors, ce fils de paysan sait. Il sait qu'il ne reculera devant rien : mentir à sa mère, braver la colère du père, endurer brimades et humiliations. Pour danser comme il le doit, il ira jusqu'à s'exiler à jamais.
Travailleur acharné, obsédé de beauté et de perfection, Rudik fascinera tous ceux qui croiseront sa route, leur offrant le sentiment d'avoir cotoyé un ange ou un démon, un vrai génie, un monstre de sexe et d'excès.

Une icône du XXe siècle : Noureïev.

 

Mon avis

Autant le dire d'entrée : j'ai adoré ce roman ! Je ne pouvais pas me tromper en lisant la quatrième de couverture : un livre où l'on parle d'une des plus grandes icônes du monde de la danse, cela ne pouvait que me plaire ! Cela m'a pris un petit moment d'adaptation avant d'adhérer complètement au style employé par McCann dans ce roman, mais j'ai très vite été conquise. Le défi était ambitieux, mais pour moi relevé avec brio. Danseur présente une version romancé de la vie de Rudolf Noureïev, ilustre danseur et chorégraphe qui a brillé dans les années 1970. Le roman est organisé en quatre livres, chacun mettant en scène différentes périodes de la vie de Rudi en y incorporant les personnages ayant joué un grand rôle dans son ascension. L'originalité de ce roman réside dans la narration : plusieurs narrateurs se succèdent, chacun exposant sa vision du danseur prodige. On suit ainsi les sentiments de l'infirmière ayant assisté à sa première représentation devant les soldats russes, ceux de son père qui, au grand regret de Noureïev, ne l'aura jamais vu danser, ceux de ses mentors (Pouchkine, entre autres), ceux de ses amants, de ses amis, d'inconnus l'ayant cotoyé de près ou de loin...  La narration est parfois difficile à suivre, puisqu'on change de narrateur d'un paragraphe à un autre, et il faut souvent un petit moment avant de comprendre qui raconte. Mais j'ai trouvé que ce fonctionnement faisait toute la richesse de ce roman. Les deux premiers livres, exposant son enfance et son ascension fulgurante le propulsant au rang de danseur étoile dans les plus prestigieux ballets, ont été pour moi les plus forts et les plus intéressants. La personnalité de Rudolf est très bien cerné : on ressent parfaitement toute l'arrogance et l'obsession de la perfection qui habitaient Noureïev. A travers les différents récits, on se l'imagine parfaitement n'en faisant qu'à sa tête, chassant d'un ton incendiaire et sans concession tous ceux qui se mettent en travers de sa route, son visage et son corps parfaits et son port altier.
L'idée de romancer la vie du danseur était très bonne, cependant certains passages m'ont quand même dérangée, tant ils différaient de la version réelle de sa biographie. Certains personnages sont concentrés en un seul : par exemple, les trois soeurs de Noureïev ne deviennent qu'une dans le roman. J'ai aussi été un peu déçue que certains aspects très importants n'aient pas été abordés par l'auteur. Il n'y a aucune mention de sa maladie, et j'ai été déçue que le roman s'arrête avant la fin... 
Danseur est tout de même un magnifique roman fort en émotions, qui attisera surement le feu qui habite les amoureux de la danse comme moi ;)

 

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Lecture 2/41