Bonjour à tous ! Cette semaine, mon planning de lecture a été un peu bouleversé : il arrive souvent que, en finissant un super livre, je ne sache plus quoi lire après, tellement ma lecture m'a marquée. Mais comme je n'aime pas ne pas avoir de livre en cours de lecture, ça devient vite tout un casse-tête pour savoir ce que je vais lire après. Finalement, après trop d'hésitation, mon dévolu s'est jeté sur un petit ouvrage coincé entre deux gros sur les étagères de ma bibliothèque (ah oui, maintenant que j'ai un nouvel appartement et une chambre plus grande, j'ai une vraie bibliothèque, et non plus une boîte à chaussure/étagère^^) que j'avais trouvé lors d'une foire aux livres : La couleur dans les mains de Nora Hamdi.

 

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Quatrième de couverture

A vingt ans, Yasmine quitte sa cité pour devenir peintre. Elle trouve un studio à Paris. La condition : changer Yasmine Belhifa en Janine Beli. Changer de nom lui rappelle un passé trouble. En 1990, elle avait six mois, ses parents mouraient dans la vague d'attentats qui a secoué l'Algérie. L'oncle qui l'a élevée n'a jamais réussi à lui parler du drame. Suite à des expositions collectives, on lui propose sa première exposition personnelle. Après le vernissage, son oncle lui révèle le secret de ses parents, leurs combats. Il lui rappelle la richesse de son héritage culturel et que les Arabes ne sont pas tous des terroristes.
Ce quatrième roman de Nora Hamdi est aussi un document, un témoignage, qui respecte les sentiments, la vision, la langue tels qu'ils sont dans le monde réel des personnages. Il se présente comme un film tourné en "caméra subjective".

 

Mon avis

La quatrième de couverture de ce roman m'avait particulièrement attirée, puisqu'elle annonçait des thèmes comme l'art, la discrimination, le secret de famille et l'environnement de banlieue. A première vue, c'était un roman parfait pour moi et qui ne pouvait que me plaire. Finalement, ce court roman ne m'a pas déplu, mais ne me laissera certainement pas un souvenir impérissable. En fait, tout est dit dans la quatrième de couverture : Yasmine quitte sa banlieue, s'installe à Paris dans ce qui ressemble plus à une chambre de bonne miteuse qu'à un studio, et entreprend de réaliser son rêve de vivre de son art, la peinture. Avec son amie de toujours, Alice, elle partage ses états d'âme, ses galères, ses choix difficiles. Le vent tourne plutôt bien pour Yasmine, puisqu'avec l'aide d'amis de ses amis, elle devient très vite l'artiste que tout le monde s'arrache. Ses toiles font sensation, mais son passé la rattrape lorsqu'elle apprend la vérité sur la mort de ses parents.
J'ai aimé l'écriture franche de Nora Hamdi, les mots sont justes et elle ne s'encombre pas de grosses tournures de phrases compliquées pour exprimer ce qu'elle veut transmettre. Le style est, somme toute, un peu récitatif, les scènes s'enchaînent parfois rapidement, sans vrai lien et avec d'assez grosses ellipses temporelles. Mais le gros bémol de ce roman est qu'il n'exploite pas assez les thèmes évoqués au départ. Je m'attendais à plus d'émotions et de profondeur, à vraiment entrer dans le thème de la discrimination raciale à travers cette jeune fille qui doit changer de nom pour obtenir son studio et qui vient d'un milieu difficile. Le thème est seulement survolé, avec quelques allusions ça et là, mais on n'entre pas vraiment au coeur du sujet. Le thème de l'art, par contre, est bien mené. On suit aisément les déboires des jeunes artistes qui tentent de percer et de vivre de leur passion, ce qui est de plus en plus difficile de nos jours. Sans ses relations, Yasmine n'aurait probablement pas pu arriver à exposer et à se faire connaître. Le secret familial annoncé dans le résumé est lui aussi trop en retrait. On ne l'apprend que dans les dernières pages du roman, alors qu'on se rend compte qu'il a un impact majeur pour le récit. La fin tombe trop brutalement, si bien qu'il m'a été impossible de ressentir les émotions qui auraient du m'envahir à cette annonce. Le roman se termine trop vite, je suis restée sur ma faim, j'aurais imaginé une suite, ou du moins quelques pages de plus pour étoffer l'histoire.

 

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(124 pages) 3/11

 

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