Et c'est parti, je me lance dans les chroniques des livres que j'ai lus avant de lâchement abandonner mon blog cet automne... 

 

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Quatrième de couverture

Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

Mon avis

 

Ayant une maman fan de Gary, je ne pouvais plus continuer à passer à côté de ses écrits. Chaudement recommandé par plusieurs de mes copinautes, La vie devant soi est un roman qui m'a globalement bien plu. Le style est un peu déroutant au départ, étant donné que la narration est faite par Momo, qui est un petit garçon. Momo n'a pas la vie facile : sa mère est une prostituée, et il ne sait pas qui est son père. Il est donc placé chez Madame Rose, une vieille dame juive qui n'a pas la langue dans sa poche et qui s'occupe de ces enfants, orphelins ou dont les parents ne peuvent pas s'occuper. Cette petite bande hétéroclite devient la famille de Momo, et des liens très forts se tissent. Les conditions de vie dans le Paris de l'époque sont très bien décrites, et le décor est parfaitement bien planté. Les personnages sont attachants, impossible de ne pas se prendre d'affection pour le petit Momo et ses camarades. Le langage employé est parfois vulgaire, parfois cru, mais toujours vrai, et ajoute beaucoup de réalisme au récit. Le choix du point de vue narratif est, comme je l'ai évoqué au début, certes un peu déstabilisant, mais il apporte finalement un côté tendre à l'histoire. On s'en doute, mais La vie devant soi n'est pas un roman très joyeux, et la fin est même incroyablement émouvante. Le relation entre Momo et Madame Rosa est très touchante, et on ne peut faire autrement que d'éprouver beaucoup de compassion à l'égard de ces deux personnages, bien différents en apparence mais incroyablement proches, de par ce que la vie leur fait subir. La vie devant soi est finalement un roman plutôt poignant, derrière ses allures tendres, qui reste très actuel sur le plan des thèmes abordés et qui soulève quelques réflexions sociales qui nous font relativiser.

 

Challenge 20e

 1975, litt. franco