AmericanGods_France_Hardback_1258017106

  

Quatrième de couverture

À peine sorti de prison, Ombre apprend que sa femme et son meilleur ami viennent de mourir dans un accident de voiture et qu'ils étaient amants. Seul et désemparé, il accepte de travailler pour un mystérieux individu qui se fait appeler Voyageur. Entraîné dans une aventure où ceux qu'il rencontre semblent en savoir plus sur ses origines que lui-même, Ombre va découvrir que son rôle dans les desseins de l'énigmatique Voyageur est bien plus dangereux qu'il aurait pu l'imaginer. Car, alors que menace un orage d'apocalypse, se prépare une guerre sans merci entre les anciens dieux saxons des premiers migrants, passés à la postérité sous les traits des super-héros de comics, et les nouveaux dieux barbares de la technologie et du consumérisme qui prospèrent aujourd'hui en Amérique...
Mon avis
Comme pour beaucoup d'amateurs de littérature de l'imaginaire, le nom de Neil Gaiman était loin de m'être inconnu, mais je n'avais encore jamais lu un de ses romans. J'avais déjà  vu certaines des adaptations cinématographiques de ses oeuvres, comme Coraline ou Stardust et, bien que très différents, ces univers m'avaient beaucoup plu. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers un de ses plus grands romans, American Gods, pour découvrir sa fameuse plume. S'attaquer à un monument comme American Gods n'est pas chose aisée, mais je suis rentrée très rapidement dans l'univers présenté et dans l'histoire. Tout au long des quelques 700 pages, on suit la drôle d'aventure d'Ombre, personnage énigmatique qui vient tout juste de sortir de prison et qui apprend le décès soudain de sa femme et de son meilleur ami qui entretenaient une liaison. Alors que son monde s'écroule, un étrange individu du nom de Voyageur lui propose de se rallier à son groupe dans une mission tout aussi mystérieuse. Ombre découvrira bien assez vite qu'une immense guerre se prépare entre les dieux antiques et les nouveaux dieux de l'Amérique que sont les nouvelles technologies, et qu'il va devoir choisir son camp.
À travers le long périple d'Ombre et de ses comparses, Neil Gaiman nous propose dans American Gods une gigantesque réflexion métaphorique sur ce que sont aujourd'hui les États-Unis. Ici, personnages mythologiques et folkloriques nous emmènent à la découverte d'une Amérique comme on ne l'a jamais vue, sur un large spectre géographique mais aussi philosophique. L'analyse et la réflexion de l'auteur sur ce pays qui s'est imposé en grande puissance mondiale au fil des années est très intéressante et nous pousse à remettre beaucoup de choses en perspective. J'ai beaucoup apprécié le fait que cette épopée fantastique oppose personnages mythiques et nouvelles technologies : cela nous apporte une vision originale d'un sujet qui a finalement été maintes et maintes fois exploité. La plume de Gaiman est très agréable à lire, on tourne les pages sans s'en rendre compte et on n'arrive plus à décrocher, malgré quelques petites longueurs vers le milieu du roman. Il faut toutefois être, selon moi, dans un certain état d'esprit pour s'attaquer à la lecture de ce roman. L'enchaînement d'événements et la multitude de personnages (certains d'entre eux portent même plusieurs noms différents) peut être parfois difficile à suivre et à digérer. En parlant de personnages, j'ai trouvé qu'ils étaient particulièrement bien travaillés et approfondis. Inscrire des personnages mythologiques dans un univers contemporain n'est pas toujours chose aisée, mais Gaiman a réussi à le faire avec brio. Ici, il fait descendre les dieux antiques de leurs piédestaux et nous les présente comme des êtres parfois grossiers et pleins de vices. Je regrette par contre de ne pas avoir lu ce roman en VO, car la traduction des noms nous fait perdre quelques jeux de mots et allusions intéressantes.
En bref, American Gods est un monument de la littérature fantastique américaine que je recommande chaudement à tous les amateurs du genre, et à ceux qui s'interrogent sur l'héritage culturel et socio-économique de grandes puissances telles que les Etats-Unis.