Je continue dans ma lancée des livres que j'aimerais avoir terminés avat mon départ en vacances dimanche, je me suis donné l'objectif d'en lire 3 cette semaine pour pouvoir vous offrir des belles chroniques avant de disparaître de la toile pendant un peu plus de 3 semaines, et pour l'instant, je m'en sors plutôt pas mal ! J'essaye aussi d'avancer le plus possible dans mes challenges en cours, et le livre dont je vais vous parler aujourd'hui fait très fort, puisqu'il compte pour 4 challenges ! Et oui, c'est ça qui arrive quand on ne peut plus résister aux défis, on essaye de trouver des lectures qui font d'une pierre deux coups (ou plutôt 4 coups dans ce cas précis ^^) ! J'ai donc lu L'enfant de Noé d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Quatrième de couverture
"Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d'être chrétien, et moi je ferai semblant d'être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ? - Juré."
1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, un homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ? Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran et d'Oscar et la dame rose qui ont fait d'Eric-Emmanuel Schmitt l'un des romanciers français les plus lus dans le monde.
Mon avis
L'enfant de Noé se trouve effectivement dans la lignée des deux autres récits cités ci-dessus, puisqu'il fait aussi partie du Cycle de l'Invisible, et ne déroge pas à la règle. On retrouve le thème de prédilection de cette série, la religion, expliquée plus simplement et dans un contexte précis. Cette fois, il s'agit de l'identité juive qui est comparée à l'identité chrétienne à travers les yeux d'un enfant. Joseph est élevé dans une famille juive en Belgique alors qu'Hitler et sa Gestapo font trembler toute l'Europe. Ses parents, cherchant à tout prix à le protéger de l'arrestation et de l'extermination, le confient au père Pons, un prêtre un peu particulier qui s'occupe d'un orphelinat. Pour échapper aux contrôles de police, Joseph, comme plusieurs autres enfants juifs, doit cacher son identité et faire croire qu'il est un enfant catholique comme les autres. Joseph, à sept ans, est en plein dans l'âge où l'on se pose mille et une questions, et un tel changement le fait beaucoup réfléchir. Est-ce honteux d'être juif ? Est-ce qu'être catholique est mieux ? D'où vient-il et pourquoi les nazis s'en prennent à lui et à ses semblables ? Ses parents reviendront-ils un jour le chercher ? Il est difficile d'imaginer ce que les Juifs ont vécu à cette période et, en dehors de la souffrance physique qui leur a été infligée, le questionnement propre à l'identité personnelle est aussi très présent et incontestable. Comme pour Oscar et la dame rose, j'ai aimé voir cette perspective à travers les yeux d'un enfant. L'innocence propre à cette période de la vie est parfaite pour expliquer des sujets délicats, comme la religion. Les mots de Schmitt sont, encore une fois, très justes et efficaces, teintés d'humour ça et là, mais surtout très attendrissants. On se prend très vite d'affection à la fois pour Joseph et pour ses camarades qui ont, eux aussi, été séparés de leurs parents et qui doivent cacher qui ils sont et renier aux yeux de tout le monde leur véritable identité. Le père Pons est également un personnage que j'ai trouvé touchant. Sa démarche est remarquable, j'ai toujours éprouvé un profond respect pour ceux qui, durant la guerre, ont eu le courage de braver l'autorité pour sauver des vies. Ce que j'ai aimé avec L'enfant de Noé, c'est qu'il exprime les différences de croyances entre le judaïsme et le christianisme de façon simple, tout en passant le message que l'un n'est pas mieux que l'autre et que l'on doit s'accepter malgré nos différences. C'est un récit très touchant et juste, qui redonne beaucoup d'espoir en l'humanité, à travers les oeuvres et l'ouverture d'esprit exceptionnelle du père Pons. A cause de mon histoire familiale, je suis très sensible à tout ce qui touche à la Seconde guerre mondiale et aux atrocités qui s'y sont déroulées, et il est toujours un peu difficile pour moi de lire sur le sujet. Cependant, ce roman m'a beaucoup plu tant il m'a attendrie, et je compte bien lire le reste des ouvrages du Cycle de l'Invisible.
Lecture 10/20
(150 pages) 3/11
Lecture 1/10